Programme

Le congrès scientifique INRS-Institut Armand-Frappier 2003 a principalement abordé les récents avancements dans la recherche biomédicale et biotechnologique au Québec, en proposant des conférences et des présentations étudiantes portant sur les domaines suivants: bactériologie, biochimie, biologie cellulaire et moléculaire, chimie, chimie pharmaceutique, épidémiologie, immunologie, médecine vétérinaire, microbiologie, parasitologie, sciences alimentaires, toxicologie et virologie. Des étudiants ont présenté des projets et des résultats lors de deux sessions d'affiches et de six sessions de présentations orales. Pour compléter, une table ronde a eu lieu, dans le but de discuter de la place du scientifique dans la société et de ses devoirs face à la population. Le programme fut agrémenté d'un forum sur les nouvelles technologies qui a permis un échange convivial entre les chercheurs et étudiants-chercheurs dans l'espoir de voir naître de nouvelles idées. 

Liste des exposés oraux

Liste des présentations par affiche

Table ronde

Le transfert des connaissances scientifiques hors des laboratoires : un défi pour les scientifiques ou les journalistes?

En matière de biotechnologies, le Québec se positionne comme chef de file, devançant la plupart des autres provinces canadiennes. La société québécoise profite de l'essort formidable que connaît le domaine par la création d'emplois de haute qualité. Néanmoins, à l'heure du clonage et de la révolution génétique, n'est-il pas temps de renforcer les liens unissant les scientifiques à la société? C'est pourquoi, lors du prochain congrès INRS-Institut Armand-Frappier 2003, une table ronde a été organisée afin de discuter de la place du scientifique dans la société et des moyens dont il dispose afin de communiquer efficacement ses découvertes et ses connaissances. Cette table ronde fut animée par M. Frédéric Loiselle, journaliste scientifique.

Cet événement a permis d'initier les jeunes scientifiques présents au congrès aux différents moyens dont ils disposent afin de diffuser leurs connaissances à l'extérieur du cercle restreint des initiés. Ceci représente un aspect très peu abordé lors de la formation académique des futurs chercheurs, mais qui saura se révéler d'une grande importance tout au long de leur carrière, tant dans l'industrie privée que dans le secteur public. L'importance d'une communication de qualité, soit pour sensibiliser l'opinion publique à la réalité de la recherche soit pour éduquer et éclairer les non-scientifiques face aux nouvelles technologies émergeantes, sera exposée par les intervenants. Ces derniers, qui viennent de différents milieux, souligneront les différents avantages qu'ils tirent de l'exercice et des différentes formes que peut prendre la diffusion des connaissances au grand public.

Pour la table ronde, nous tenions à regrouper des personnalités provenant d'horizons différents, dont le travail quotidien est relié autant au domaine de la recherche qu'au domaine de la communication et du journalisme, ainsi qu'aux relations avec le public. Les principaux intervenants de cette table ronde furent:

Résumé : les points essentiels abordés

Puisque la plupart des fonds offerts au chercheur sont des fonds publics, le chercheur a le devoir de répondre aux questions du public et de partager son savoir, et le journaliste représente ce public.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que ce public à grandement été échaudé depuis quelques années par le monde scientifique, surtout par le secteur biomédical qui souvent fait la Une des divers média pour ses bévues et erreurs inavouées. Plusieurs entreprises pharmaceutiques ont aussi connu des échecs retentissants dans leurs études cliniques, diminuant ainsi grandement l’intérêt des investisseurs pour le domaine biotechnologique.

Tout de même, les sondages le démontrent : plus de 60% des Québécois sont intéressés par ce qui se passe en science, donc la demande est là. Le gouvernement, lui, a tout récemment retiré son intérêt pour le domaine, laissant ainsi un grand vide du côté du financement de la recherche et de la formation de nouveaux scientifiques. Mais c’est surtout l’offre des médias qui n’y est pas : que ce soit du côté des journaux (seul La Presse nous offre sont cahier Science chaque samedi), de la radio (quelques petites émissions peuvent être notées, le plus souvent des " flashs ") ou de la télévision (Découverte à Radio-Canada est la seule émission scientifique depuis l’arrêt de Zone Science à Télé-Québec). Du côté de la télévision, la mode ces jours-ci est au sensationnalisme et surtout à la télé-réalité pleine de rebondissements (le sujet ne sera pas plus approfondi même si lors de la table-ronde il ouvrit la porte à un dossier vif et chaud ;). De toute façon la télévision n’est vraiment pas le médium de choix car les gens y recherche une image, du sensationnel que l’on peut écouter d’une oreille tout en préparant les repas. Il est de loin préférable d’utiliser les journaux où le lecteur choisi ses informations et est donc intéressé, mais de moins en moins de gens achètent le journal...

Le médium de l’avenir est donc probablement l’Internet : il permet de diffuser tout ce que l’on veut et de plus en plus de foyers y ont accès. La mère de famille qui cherche à savoir ce que la maladie de son enfant implique comme conséquences se tourne de plus en plus vers internet pour avoir des tonnes d’information sur un sujet donné. Il ne faut pas oublier que les gens du public sont de plus en plus éduqués et informés quel que soit leur domaine de spécialisation et que leur ignorance dans certains domaines cherchera souvent à être comblée.

Quel que soit le médium utilisé, lorsqu’une entrevue entre chercheur et journaliste est convenue, les deux partis doivent s’y préparer. Le chercheur doit connaître les sujets qui y seront abordés et si possible les questions qui seront soulevées. Ainsi il pourra préparer des réponses claires et simples, et créer des métaphores élaborées qui aideront le journaliste à comprendre son message. De son côté, le journaliste devrait établir une base suffisante dans le domaine pour connaître le vocabulaire et les idées de bases du sujet à aborder. Pour cela, la lecture de quelques articles récents résumant la situation dans le domaine devrait faire l’affaire (peut-être fournis par le chercheur…)

En conclusion, les 3 qualités à retenir lorsque vous (les chercheurs) désirez communiquer :

Humilité, simplicité et faire passer le message, mais restez vous même.

Lors de cette discussion d’une durée d’une heure trente minutes, voici les principales questions qui ont été soulevées 

  1. Y a t-il une volonté des chercheurs à diffuser leurs connaissances, pas seulement à l’intérieur de cercles fermés et spécialisés, entre confrères et collègues, mais aussi au public en général?

Bien sûr que les chercheurs aimeraient diffuser leur savoir au grand public, mais il a de grandes craintes : surtout de se faire mal comprendre et que le message soit mal interprété, mais aussi de se faire identifier par ses pairs comme aimant être devant la caméra (" une petite vedette ") et d’être stéréotypé par le public en général (des grands mots, un discours compliqué… une blouse blanche et des lunettes!).

Pertes de temps ou " marketing " payant?

La plupart des scientifiques n’ont aucun intérêt personnel à divulguer leur savoir au grand public et doivent donc le faire pour des raisons humanitaire et sociales comme le partage libre et l’ouverture. Seul un faible pourcentage des chercheurs ont des intérêts financiers ou de " marketing " liés à leur recherche.

  1. Ont-ils les capacités? Sont-ils bien outillés?

Les scientifiques?

Les scientifiques manquent bien sûr de talents de communicateur. Mais plus à la base, ils ne savent pas comment rendre leur histoire intéressante, comment la rendre accessible au grand public. Il y a aussi un grand manque de vulgarisation de leur part; bien souvent ils n’arrivent pas à simplifier suffisamment leurs paroles pour qu’elles soient claires pour tous et chacun.

Les journalistes?

De leur côté, les journalistes ont le talent de la communication, mais la plupart du temps ils n’ont pas les connaissances suffisantes pour bien comprendre ce que le chercheur tente d’expliquer.

Devraient-ils être mieux préparés à le faire? Cours ou formations obligatoires en vulgarisation ou en communication?

Bien sûr, autant pour le journaliste que pour le scientifique, il y a toujours possibilité d’avoir une formation supplémentaire permettant de complémenter notre savoir. Ainsi le chercheur qui est toujours sur la place publique devient par la force des choses un bon communicateur à l’aise et capable de vulgariser. De même, un journaliste qui traite toujours des nouvelles du monde médical en vient à mieux comprendre les termes employés et à mieux saisir les enjeux. Mais aussitôt que la définition de tâches de l’emploi change, chercheur et journaliste doivent s’adapter aux nouveaux défis et leurs talents de journaliste scientifique perdent leurs attraits.

  1. N’y a t-il pas un danger pour la science que de forcer nos chercheurs à devenir entrepreneur, communicateur, professeur, etc.? Ces multiples tâches sont-elles désormais essentielles dans une carrière scientifique. Est-ce une nouvelle réalité ?

De plus en plus l’on se dirige vers une société ou les travailleurs sont multidisciplinaire et cumulent les fonctions. Mais il n’est probablement pas essentiel pour la carrière du journaliste ou du chercheur d’être un homme-orchestre capable de remplir toutes ces fonctions. Laissons à chacun ses spécialités. Le plus important est que chacun, journaliste et scientifique, se prépare à la rencontre de l’autre : lorsqu’une entrevue approche, le chercheur devrait avoir une idée de quelles questions le journaliste posera et du thème de l’article pour pouvoir se préparer des métaphores simples et claires, avec images à l’appui s’il le faut, pour être sûr que son message soit bien compris. De son côté, le journaliste se doit de s’informer avant l’entrevue des sujets d’intérêts du chercheur et il se doit de lire quelques articles scientifiques de base sur le sujet à aborder pour en connaître le vocabulaire et les courants de pensées.

 

Forum sur les Nouvelles Technologies

Un forum sur les nouvelles technologies a fait son apparition pour la première fois dans cette troisième édition du congrès. Ce forum spécial constituera l'un des points marquants du Congrès 2003. Des scientifiques ont été  invités à y présenter des nouvelles techniques/technologies utiles pour la recherche. Cette session s'est distinguée des autres présentations du congrès de deux façons. Premièrement, nous avons encouragé la participation de chercheurs de tous les milieux (académiques, industriels) et de tous les âges, contrairement aux autres présentations habituelles, principalement estudiantines. De plus, les informations présentées à l'auditoire furent de nature technique, reliées aux développements de nouvelles techniques utiles pour l'obtention de résultats de nature scientifique. Elles ont fait contraste aux résultats eux-mêmes, plus théoriques et présentés lors des autres sessions du congrès. Les présentations ont été lancées par le Dr. Thomas J. Hudson, professeur et directeur du centre de génomique à l'Université McGill. 

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