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Dynamique des populations des régions métropolitaines et non métropolitaines du Canada : une approche multirégionale.

Agossou, Coffi Dominique (2000). Dynamique des populations des régions métropolitaines et non métropolitaines du Canada : une approche multirégionale. Thèse. Québec, Université du Québec, Institut national de la recherche scientifique, Doctorat en études urbaines, 302 p.

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Résumé

Le présent travail examine les mécanismes démographiques selon lesquels les régions métropolitaines de recensement (RMR) et les régions non métropolitaines (RNM) du Canada ont évolué au cours des vingt-cinq dernières années et évolueront dans le futur. L'approche multirégionale de A. Rogers nous a servi de base théorique pour atteindre ce but. L'intérêt de cette approche réside dans le fait qu'elle permet d'examiner de façon jointe et simultanée non seulement les 25 RMR et 10 RNM, mais aussi la fécondité, la mortalité et la migration. Pour chacune des 35 régions, nous avons dans une première étape analysé l'évolution de la taille et de la structure par âge des populations, de la fécondité, la mortalité, la migration interne et la migration internationale entre 1971 et 1996. Il ressort fondamentalement de cette analyse qu'il existe des disparités marquantes non seulement entre RMR et RNM mais aussi entre les régions métropolitaines elles-mêmes, et cela quelle que soit la composante démographique considérée. En 1971, 57% de la population canadienne habitait les régions métropolitaines mais en 1996, cette part des RMR est passée à 62% et corrélativement les RNM ont perdu de leur poids. Ce sont surtout Toronto, Montréal, Vancouver et Ottawa-Hull qui continuent d'attirer une bonne part de la population du pays. La croissance de la population dans ces régions est relativement rapide. La croissance de la population des RMR et surtout des grandes régions s'explique de plus en plus par l'immigration internationale qui continue de se concentrer à Toronto, Vancouver et Montréal. Ainsi, en général on observe qu'aussi bien dans les RMR que les RNM, le rôle de l'accroissement naturel dans l'accroissement total de la population baisse alors que celui de la migration augmente. La population vieillit plus rapidement en RNM qu'en RMR; dans ces dernières le processus de vieillissement est ralenti par l'immigration internationale mais cet effet de rajeunissement est très faible. L'indice synthétique de fécondité est en baisse dans toutes les régions, la baisse étant plus rapide dans les RMR que les RNM. L'âge moyen à la maternité augmente dans toutes les régions, cela signifie que les femmes ont tendance à reporter leurs naissances. Cette tendance est plus forte en RMR et surtout en grandes régions. L'espérance de vie est en hausse aussi bien en RMR qu'en RNM; cependant un enfant né dans une région métropolitaine vivra plus longtemps que le nouvau-né d'une RNM. Les jeunes adultes (15-29 ans) ont une propension à sortir plus élevée en RNM qu'en RMR. Les migrants en provenance des RMR ont un âge moyen relativement plus élevé que ceux des RNM. Le niveau global de la migration interne est plus élevé en RMR c' est-à-dire que les individus des RMR ont une propension à sortir plus forte que ceux des RNM. Une part importante de la migration en provenance d'une des RNM est destinée aux RMR. Dans la deuxième étape, nous avons analysé l'impact ultime des comportements démographiques observés sur l'évolution de la population. Les tendances actuelles indiquent qu'aucune région n'est en mesure d'assumer elle-même le renouvellement de sa population, même en recourant à la migration interne. Mais il y a des disparités importantes : le taux net de reproduction multirégional est plus élevé dans les RNM que dans les RMR, et la capacité d'un nouveau-né de produire à son tour un enfant est plus faible dans une RMR que dans une RNM. Dans un contexte de sous-fécondité, le rôle de l'immigration internationale devrait s'accroître: sans celle-ci, la population des régions, notamment des RMR, devrait décroître dans moins d'un quart de siècle. Toutefois, à long terme l'immigration internationale sera incapable de freiner significativement le processus de vieillissement. de la population; elle ne pourra le ralentir que de façon modeste à Toronto, Montréal et Vancouver. La migration des individus implique non seulement une délocalisation des personnes, mais également un transfert d'années à vivre et d'enfants à naître. À cet égard, les grandes régions métropolitaines gagnent le plus puisque d'une part elles retiennent plus de 60% de leurs natifs jusqu'à l'âge productif et reproductif, et d'autre part elles " importent" plus de jeunes migrants, et donc plus d'années à vivre et d'enfants à naître. Enfin, il ressort clairement de nos recherches que lorsqu'on extrapole les comportements actuels jusqu'à obtenir l'état stable (c'est-à-dire celui de l'équilibre) Vancouver et Toronto (donc !'Ontario et la Colombie-Britannique) accroissent leur importance alors que Montréal (donc le Québec) ainsi que les autres régions perdent du poids.

Type de document: Thèse
Directeur de mémoire/thèse: Termote, Marc
Co-directeurs de mémoire/thèse: Ledent, Jacques
Mots-clés libres: Population; dynamique; démographie; accroissement; évolution; migration; immigration; ville; région; région métropolitaine; territoire; Canada; projection; analyse multirégionale.
Centre: Centre Urbanisation Culture Société
Date de dépôt: 22 déc. 2014 19:24
Dernière modification: 20 juill. 2015 12:48
URI: http://espace.inrs.ca/id/eprint/2

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