Roberge, Jonathan ORCID: https://orcid.org/0000-0001-9282-5218; Petit, Aurélie et Harvey, Maxime
ORCID: https://orcid.org/0009-0001-6004-2507
(2026).
Modèles et questions de langage au prisme de la découvrabilité
Working Paper.
Chaire de recherche du Québec sur l'intelligence artificielle et le numérique francophones, Québec.
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Résumé
« Claude, tu m’énerves » ; « Gemini, je refuse catégoriquement que tu fouilles, analyses et
exploites mes contenus » ; « Chat, si tu trouves mes œuvres, passe ton chemin ». Si tout
peut théoriquement se prompter, est-ce possible d’imaginer un monde dans lequel ce type
d’instruction serait à même de prémunir, ou du moins de préserver l’autonomie des créateur.trices de la culture ? L’arrivée massive des Grands Modèles de Langage (GML, ou LLM
en anglais) au cours des années 2020 marque un tournant dans l’histoire de l’intelligence
artificielle au moment précis où celle-ci devient générative : elle prédit et produit, anticipe
et participe. Ce moment, c’est aussi celui du triomphe du traitement naturel du langage
(TNL, ou NLP en anglais) par lequel l’intelligence artificielle se transforme en technologie
ambiante : o n parle aux machines, elles nous parlent. D’où la prévalence justement des
prompts aujourd’hui. Il y est question à la fois de contrôle et de communication, à savoir
qu’à travers une commande précise – un speech-act au sens de la pragmatique de Searle et
Austin – se joue une certaine vision de l’interaction et même une certaine vision du monde.
Qu’est-ce qui se trouve à dire dans cette nouvelle promptologie tous azimuts ? Certes, les ef-
forts actuels ne sont pas sans précédents et peuvent même s’appuyer sur des expériences
menées ici au Québec dès les années soixante. À titre d’exemple, La machine à écrire de
Jean A. Baudot (1964) est une œuvre pionnière dans sa volonté de créer un poète automate.
Ce qui est mis en exergue dans la promptologie actuelle, c’est la manière dont elle surpasse
ces expérimentations tant en termes d’industrialisation que de démocratisation. Le prompt
se généralise comme voix du monde alors même que l’intelligence artificielle devient une
technologie culturelle ou une « culture machine » (Weatherby, 2025 ; Roberge et Lebrun,
2021). Si le dicible s’automatise, autrement dit, la culture en fait autant. Et c’est précisément
ceci qui vient poser une importante série de questions : qu’en est-il de la valeur de la création artistique dans ce nouveau type de production culturelle ? Comment s’y adaptent les
créateurs.trices, les institutions et les publics ? Quels types de tensions émergent qui sont
reliées au contexte plus spécifique de l’écosystème culturel québécois, notamment en ce
qui a trait à la traduction, circulation et appropriation des contenus francophones – bref
leur découvrabilité ? Aussi, sinon surtout, comment discuter et rendre compte de ces enjeux
collectivement, à savoir avec, par et pour les milieux de la culture au Québec ?
| Type de document: | Monographie (Working Paper) |
|---|---|
| Mots-clés libres: | Pub; découvrabilité; gouvernance; écosytème culturel; francophonie; co-construction |
| Centre: | Centre Urbanisation Culture Société |
| Date de dépôt: | 04 juin 2026 14:31 |
| Dernière modification: | 04 juin 2026 15:23 |
| URI: | https://espace.inrs.ca/id/eprint/17247 |
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