Rajoelina, Voary (2026). Qualité de l’eau dans le bassin-versant de l’Ikopa, Madagascar, en contexte d’inondations : une étude des principaux contaminants, de leur origine et des facteurs influençant la vulnérabilité et la résilience des puits d’approvisionnement en eau potable Thèse. Québec, Université du Québec, Institut national de la recherche scientifique, Doctorat en sciences de l'eau, 244 p.
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Résumé
Cette thèse met en lumière la vulnérabilité des eaux de puits dans le bassin versant d’Ikopa à Antananarivo, où se croisent trois réalités indissociables : une plaine inondable fortement urbanisée, un assainissement largement déficient, et une dépendance importante aux eaux souterraines pour l’eau potable. L’objectif n’est pas seulement de mesurer l’ampleur de la contamination saisonnière, mais aussi de comprendre par quels mécanismes les polluants atteignent les puits, de déterminer quel temps de résidence caractérise ces eaux depuis leur infiltration dans le sol et de mesurer jusqu’où les ménages peuvent réellement se protéger face aux contaminations. Sur le plan hydrogéochimique, les analyses chimiques, microbiologiques et multivariées révèlent un système déjà sous forte contrainte : les nitrates, les hydrocarbures et les indicateurs microbiologiques dépassent fréquemment les normes de potabilité, particulièrement dans les zones les plus urbanisées. Les isotopes du nitrate identifient clairement les rejets de latrines et d’élevage comme sources dominantes de NO3⁻, confirmant le rôle central de l’assainissement défaillant et des pratiques agro-pastorales. L’évaluation conjointe des paramètres physiques des puits (protection, position en zone inondable) et de la vulnérabilité intrinsèque DRASTIC montre que les protections individuelles autour des ouvrages offrent un certain tampon contre le risque de la contamination microbiologique, mais restent largement inefficaces face aux polluants diffus hérités de l’organisation du territoire. Les traceurs de temps de résidence (δ²H, δ¹⁸O, ³H, ¹⁴C, CFC, SF₆) replacent ces diagnostics dans une perspective temporelle : la plupart des eaux de puits sont jeunes (environ 5 à 30 ans), avec des temps de résidence inférieurs à quelques décennies, souvent mélangées à une composante plus ancienne. Les pics de contaminants observés au début de la saison des pluies, suivis d’une baisse en saison sèche, illustrent un système très réactif où la recharge rapide et les intrusions en tête de puits priment sur les flux de filtration riveraine. Autrement dit, les puits répondent directement à ce qui se joue en surface. Le travail mené avec les communautés montre enfin que, même dans ce contexte contraint, des marges de manœuvre sociales subsistent : une majorité de ménages déclare mieux connaître les risques et adopte plus souvent des gestes de protection (ébullition, chloration). La thèse demeure toutefois prudente : ces mesures, nécessaires mais fragiles, ne sauraient compenser à elles seules les déficits structurels en assainissement et en planification urbaine. L’ensemble plaide pour une approche intégrée, articulant amélioration des infrastructures, protection des puits et renforcement des capacités locales, comme condition d’une réduction durable de la vulnérabilité.
| Type de document: | Thèse Thèse |
|---|---|
| Directeur de mémoire/thèse: | Bordeleau, Genevièveet Rajaobelison, Joël |
| Mots-clés libres: | aquifère peu profond; assainissement déficient; contamination fécale; Hhydrocarbures pétroliers; nitrates; perception du risque; recharge diffuse; temps de résidence; traçage isotopique; vulnérabilité des puits |
| Centre: | Centre Eau Terre Environnement |
| Date de dépôt: | 27 oct. 2026 15:51 |
| Dernière modification: | 27 oct. 2026 15:51 |
| URI: | https://espace.inrs.ca/id/eprint/17187 |
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