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Stratégies de fermentation microbienne pour la production d'enzymes par la valorisation de milieux résiduels destinés aux produits de nettoyage biosourcés

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Nguyen, Vu Mai Linh ORCID logoORCID: https://orcid.org/0000-0001-7527-4100 (2025). Stratégies de fermentation microbienne pour la production d'enzymes par la valorisation de milieux résiduels destinés aux produits de nettoyage biosourcés Thèse. Québec, Université du Québec, Institut national de la recherche scientifique, Doctorat en sciences de l'eau, 237 p.

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Résumé

Les enzymes hydrolytiques telles que les protéases, α-amylases et lipases d’origine microbienne représentent la plus grande part du marché mondial des enzymes, dont la majorité est consommée par l’industrie des détergents. Introduites pour la première fois dans les formulations de détergents il y a plus d’un siècle, les enzymes sont passées du statut d’additifs mineurs à celui de composants essentiels grâce à leur spécificité élevée et leur biodégradabilité. Toutefois, leur adoption à grande échelle, notamment dans les pays en développement, reste limitée en raison du coût élevé de production — principalement lié au prix des matières premières. Afin de répondre à cette contrainte économique, la présente étude visait à développer des stratégies efficaces et économiques de production enzymatique en valorisant des résidus industriels fermentescibles à coût nul ou négatif. Les objectifs étaient doubles : (i) identifier des effluents industriels et agroalimentaires capables de soutenir la croissance microbienne et la biosynthèse enzymatique, et (ii) évaluer des souches microbiennes commerciales et indigènes pour leur potentiel de production d’enzymes d’intérêt pour la formulation de détergents. Quatre effluents industriels ont été sélectionnés comme substrats modèles : les eaux usées de l’industrie de l’amidon (SIW), de l’industrie des boissons (BW), les boues de l’industrie papetière (PPMS) et les eaux usées de l’industrie alimentaire (FIW). Leur performance a été évaluée avec trois souches commerciales de Bacillus (B. licheniformis, B. megaterium et B. amyloliquefaciens). Le SIW et le PPMS se sont révélés les plus prometteurs, chacun soutenant la production enzymatique par des mécanismes nutritionnels distincts — richesse en sucres pour le SIW, richesse minérale pour le PPMS. À l’inverse, le BW a souffert d’une carence en azote, et le FIW s’est avéré inadapté en raison d’un déséquilibre nutritionnel extrême. Pour affiner les conditions de production, une méthodologie de surface de réponse (RSM) a été appliquée pour optimiser la température, les solides totaux et la taille de l’inoculum. Chez B. megaterium cultivé sur PPMS, la production de protéase a été influencée positivement par les solides totaux et l’inoculum, tandis que la température n’a eu aucun effet significatif. L’ajout de 1 % de Tween 20 pour induire la lipase a modifié la réponse du modèle, rendant les effets des variables négligeables — soulignant ainsi le rôle essentiel des surfactants dans l’activation sélective des voies métaboliques. En revanche, pour B. amyloliquefaciens cultivé sur SIW, les trois variables et leurs interactions ont significativement influencé la production d’α-amylase. Des essais complémentaires ont montré que le SIW pouvait tolérer une concentration en solides de 40 g/L, ce qui a permis d’augmenter le rendement enzymatique. En complément des souches commerciales, l’étude a exploré le microbiote indigène du PPMS. Le criblage sur milieux sélectifs a permis d’isoler Bacillus tropicus P4 et Acinetobacter tandoii L3, présentant respectivement une activité protéasique et lipasique remarquables. Ces souches ont démontré une bonne tolérance aux conditions environnementales difficiles et un fort potentiel enzymatique, les positionnant comme des candidats prometteurs pour la formulation de détergents. Notamment, cette étude constitue la première mention de production de lipase par A. tandoii. Afin d’évaluer la faisabilité à grande échelle, des essais en bioréacteur ont été menés à l’échelle de 5 L et 150 L. Chez B. amyloliquefaciens, la production d’α-amylase dans des bioréacteurs de 5 L a atteint 5,74 U/mL à 48 h dans des conditions optimisées, confirmant la robustesse du procédé. Chez B. tropicus P4, les titres de protéase ont dépassé 840 U/L dans le bioréacteur de 150 L et sont restés stables au-delà de la phase exponentielle — validant ainsi la possibilité d’un procédé de production enzymatique à grande échelle à partir d’eaux usées faiblement traitées. En conclusion, cette étude démontre qu’une approche combinant la valorisation des substrats, la sélection de souches performantes et l’optimisation des procédés permet une production d’enzymes à faible coût, durable et adaptée à l’échelle industrielle. Le succès du passage à l’échelle confirme la pertinence industrielle de cette stratégie et son potentiel pour la formulation de détergents écologiques et d’autres applications biotechnologiques environnementales.

Type de document: Thèse Thèse
Directeur de mémoire/thèse: Adjallé, Kokou
Co-directeurs de mémoire/thèse: Blais, Jean-François
Mots-clés libres: enzymes; protéase; α-amylase; lipase; biodétergents; Bacillus sp.; changement d’échelle
Centre: Centre Eau Terre Environnement
Date de dépôt: 19 juin 2026 13:21
Dernière modification: 19 juin 2026 13:21
URI: https://espace.inrs.ca/id/eprint/16906

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