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Chronique d'une réforme inachevée : participation populaire et privatisation des services d'eau et d'assainissement dans la ville de El Alto, Bolivie.

Barragan, Carmen (2002). Chronique d'une réforme inachevée : participation populaire et privatisation des services d'eau et d'assainissement dans la ville de El Alto, Bolivie. Thèse. Québec, Université du Québec, Institut national de la recherche scientifique, Doctorat en études urbaines, 294 p.

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Résumé

Cette « chronique d'une réforne inachevée » couvre, sur une période de 8 années (1994 - 2001), l'interaction entre trois acteurs (l'État, la population et l'entreprise privée) avec comme toile de fond l'accès aux services d'assainissement de base des familles pauvres de El Alto, la grande banlieue aymara de La Paz (Bolivie). Cette étude de cas repose sur l'analyse de données de recensement. enquêtes dans 5 quartiers, entrevues en profondeur, groupes focaux, termes du contrat de concession, résultats de l'entreprise, textes de lois et autres sources d'information. Elle aura permis de valider l'hypothèse suivante : dans des pays très pauvres, l'autofinancement des services, en conformité avec les normes de salubrité souhaitées par les pouvoirs publics sera rarement réalisable, malgré la disposition à payer des couches les plus pauvres. Par conséquent, le financement du service débouchera sur un système de coercition, sur des formes informelles de partage des coûts, ou encore sur une réduction dans la qualité du service. Un premier acteur. l'État, est d'abord présenté dans un triple cadre réformateur (décentralisation, participation populaire et privatisation), avec comme grande finalité la santé publique. Il s'avère cependant que dans les faits, ces réformes équivalent à un retrait de l'État central au profit d'un gouvernement municipal réduit à un rôle d'observateur frustré et aux dépens d'un « citoyen » transformé en « client ». dont le droit se limite à payer pour sa consommation. Le deuxième acteur présenté dans l'étude, soit la population, est disposée à payer pour améliorer son accès aux services sanitaires de base. Mais malgré ce fait démontré, elle persiste à maintenir des patrons de faible consommation en eau parce que son objectif de vie privilégie l'ascension économique. Le troisième acteur. l'entreprise chargée d'administrer les services d'eau et d'égouts à El Alto, a démontré son efficience par une augmentation de la couverture, amélioration des infrastructures, facilités populaires de paiements, innovations technologiques et une simplification bureaucratique. Toutefois, Aguas del Illimani (filiale bolivienne de la Lyonnaise des Eaux) n'est pas rentable parce que la consommation alténienne d'eau, déjà anémique, tend à chuter. Sur la base de ces constats, nous concluons que la privatisation des services sanita1res de base est peu compatible avec la participation populaire et la décentralisation des services. S'il est vrai que l'entreprise privatisée pourra faire appel à cer1aines formes de participation populaire, elle tendra à en changer à son profit l'esprit et les modalités d'application. Le citoyen, en se transformant en client, perdra dans les faits son droit de contrôle du service tout en conservant ses vieux devoirs et en gagnant de nouvelles responsabilités. Par ailleurs, il est ici démontré que les gouvernements fixeront souvent des objectifs et des normes d' exploitation en matière de services sanitaires de base qui, quoique socialement souhaitables (notamment en termes de santé publique), ne correspondent pas forcément aux préférences et possibilités des couches les plus pauvres. Les objectifs poursuivis par l'entreprise concessionnaire (privatisée), prestataire de services, se trouveront souvent en conflit avec les stratégies et les priorités des couches les plus pauvres. Finalement, le comportement réel des populations (pauvres) se traduira souvent par une consommation en deçà du seuil de rentabilité (de l'entreprise concessionnaire) et en deçà des niveaux préconisés par le législateur dans les contrats de concession, notamment en matière des services d'assainissement. La consommation (faible) des couches les plus pauvres n'est pas en contradiction avec la disposition (observée) à payer, mais plutôt le reflet d'un comportement rationnel, lequel reflète à son tour des coûts réels d'opportunité et, donc, de la priorité donnée à des dépenses davantage axées sur la création de revenus.

Type de document: Thèse
Directeur de mémoire/thèse: Polèse, Mario
Co-directeurs de mémoire/thèse: Hamel, Pierre J.
Mots-clés libres: Approvisionnement; assainissement; Bolivie; citoyen; décentralisation; eau; El Alto; état; infrastructure; participation populaire; privatisation; privé; public; sanitaire; service; urbain.
Centre: Centre Urbanisation Culture Société
Date de dépôt: 22 déc. 2014 17:24
Dernière modification: 10 nov. 2015 15:26
URI: http://espace.inrs.ca/id/eprint/40

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