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L'action culturelle et l'entrepreneuriat : le cas de la revitalisation du quartier Saint Roch, à Québec.

Leclerc, Yvon (2015). L'action culturelle et l'entrepreneuriat : le cas de la revitalisation du quartier Saint Roch, à Québec. Thèse. Québec, Université du Québec, Institut national de la recherche scientifique, Doctorat en études urbaines, 382 p.

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Résumé

Cette thèse porte sur la relation entre l’action culturelle et l’entrepreneuriat dans la revitalisation du quartier Saint-Roch, à Québec. Considérée par de nombreux observateurs comme une réussite, la réhabilitation du quartier a commencé, en 1983, par la construction de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Toutefois, c’est avec l’arrivée d’un nouveau maire et de son équipe de conseillers en 1989 que la revitalisation du quartier a vraiment débuté. Le mode de gouvernance de la ville a changé progressivement d’un mode affairiste et autoritaire à un mode participatif et entrepreneurial. Car, depuis les années 1960, l’idéologie dominante du redéploiement de la ville était celle du Modernisme. Pour être moderne, à Québec comme ailleurs en Amérique du Nord, il fallait tourner le dos au passé et reconstruire au goût du jour. Durant les années 1970 et 1980, cette idéologie appelée rénovation urbaine s’est progressivement transformée à la faveur de l’action citoyenne, pour faire place à un nouvel urbanisme qui correspondait aux attentes formulées par les résidents du quartier. Pour sortir le quartier Saint-Roch de l’ornière dans laquelle il s’était enlisé, l’équipe du Rassemblement populaire élue en novembre 1989 a misé sur l’action culturelle. À cet égard, tous les répondants rencontrés reconnaissent l’apport incontestable des artistes et des acteurs culturels dans le renversement de la tendance à la dégradation de ce quartier et l’émergence d’un nouveau paradigme de développement fondé sur l’innovation sociale, sur une approche ascendante de développement urbain, sur la participation citoyenne, sur un entrepreneuriat local diversifié et sur une gouvernance participative de la part des élus et de l’administration municipale. Nous avons émis l’hypothèse que l’action culturelle, en raison des aspects intangibles qu’elle véhicule, exerce une influence positive sur l’entrepreneuriat. Dès lors, se pourrait-il que l’action culturelle engendre ce que les économistes appellent des externalités qui sont occultées parce qu'elles sont difficilement mesurables? Dans cette thèse, nous avons cherché à comprendre l'importance des éléments symboliques découlant de l’action culturelle et de leurs influences sur l’entrepreneuriat. C’est ce qui explique que nous ayons eu recours à l’interactionnisme symbolique pour l’analyse des données recueillies lors de la recherche documentaire et de notre enquête. La revitalisation du quartier Saint-Roch s’est réalisée dans le cadre d’une co-construction issue de l’interaction entre les acteurs politiques, universitaires, artistiques et les comités de citoyens. Pour comprendre ce phénomène, nous avons étalé notre recherche sur trois périodes. 1) de 1965 à 1989, c’est la période de la dévitalisation du quartier ; ensuite, 2) de 1990 à 1995, c’est la période de la refondation orchestrée par la Ville et des entrepreneurs culturels ; enfin, 3) de 1995 à 2005, c’est la consolidation de la revitalisation du quartier par l’entrepreneuriat des institutions d’enseignement et de recherche, celui des arts numériques et celui du secteur des services privés. Pour chaque période, nous avons exposé le rôle des acteurs et de la gouvernance urbaine, les programmes mis de l’avant, les résultats obtenus et les aspects intangibles qui en découlent et qui influencent les acteurs de la période suivante, et ainsi de suite. À l’aide de cette grille d’analyse, nous avons examiné les retombées de la stratégie d’action culturelle auprès des entrepreneurs, le rôle et l’influence des artistes et des autres acteurs publics au coeur de la revitalisation du quartier Saint-Roch, les principaux événements qui ont contribué à sa relance, les effets « contagieux » de l’action culturelle sur l’acceptabilité sociale et sur l’entrepreneuriat, et enfin, la nature des aspects intangibles et des perceptions engendrées par l’action culturelle. L’analyse démontre que ces aspects intangibles (sécurité ou insécurité, fierté ou mépris, sentiment d’appartenance ou indifférence, etc.) exercent une influence déterminante sur la décision des entrepreneurs de se lancer en affaires. Notre recherche apporte un éclairage intéressant sur la connaissance de la revitalisation d’un quartier dégradé. Tout d’abord, pour favoriser l’entrepreneuriat dans un tel quartier, il faut impérativement modifier la représentation symbolique du quartier par des activités culturelles, économiques, sociales et écologiques, lesquelles en offriront une perception positive. Dans le quartier Saint-Roch, le choix de l’administration municipale s’est porté sur l’action culturelle ; il aura fallu cinq ans – de 1990 à 1995 – à la Ville, aux artistes et aux acteurs culturels pour transformer l’image du quartier avant que les entrepreneurs ne se décident d’investir. Ensuite, une fois le quartier devenu acceptable socialement, les institutions de l’industrie du savoir, les entreprises des arts numériques et les entreprises de services privés sont venues s’y installer ; ce qui démontre que la perception du lieu constitue un facteur décisionnel prépondérant dans la décision d’un entrepreneur. De ce fait, les symboles découlant de l’interaction des acteurs et des programmes mis en oeuvre pour revitaliser le quartier constituent un facteur de mobilisation de premier plan pour la gouvernance urbaine ===== The thesis focuses on the relationship between cultural action and entrepreneurship of the Saint-Roch district of Québec city revitalization. Considered by many observers, as a success, the rehabilitation of the area began, in 1983, with the construction of the Gabrielle-Roy Library ; however, it is only in 1989 under the new mayor administration and his team that the revitalization of the neighbourhood has really started. The governance of the city progressively changed from a business oriented and authoritarian mode to a participatory and entrepreneurial mode. Since the 1960, the spreading out of the city was the dominant ideology of modernity. For modernizing the city, the Quebec city council, as elsewhere in North America, had to put aside its past and rebuild to date. During the 1970s and 1980s, such ideology called Urban Renewal has gradually changed because of citizen action to be replaced by a New Urbanism that corresponded to the expectations of local residents. The Rassemblement Populaire, elected in November 1989, chose cultural action to help the St-Roch District to get out of the rut in which it had sunken. In fact, all respondents recognized the undeniable contribution of artists and of cultural players in the change of the downward trend in this area as well as the emergence of a new development paradigm based on social innovation, a bottom-up approach to urban development, citizen participation, a diversified local entrepreneurship and a participatory governance by the elected officials and the municipal administration. We tentatively assume that cultural action, as a result of intangibles aspects, shows a positive influence on entrepreneurship. Therefore, could it be that cultural action creates what economists call hidden external factors that are rather questionable to measure? We also sought to understand the importance of symbolic elements arising from cultural activities and their influence on entrepreneurship. That is why we resort to the symbolic interactionism for analyzing the data collected during our investigation and retrieval. The revitalization of the St-Roch neighbourhood is carried out as a co-construction from the interaction between actors. In order to understand the phenomenon, our research covers three periods: 1) Period of the decay of the neighbourhood (1965-1989), 2) Period of orchestrated rebuilding by the City and by cultural entrepreneurs, 3) period of consolidation of the neighbourhood revitalization by institutional entrepreneurship, by digital arts and by the private sector. Each period includes the role of actors and of urban governance as well as programs put forward, data and intangible aspects that play a key role on the actors of the following period, and so on. Using this analytical framework, we study the impact of cultural action strategy on entrepreneurs, the role and influence of artists and other public actors at the heart of the revitalization of the Saint-Roch neighbourhood the main events that have contributed to its revival, the "contagious" cultural action on the social acceptability and effects on entrepreneurship; finally, the nature of the external factors arising from intangible cultural action. The analysis shows that these intangible aspects (security or insecurity, pride or contempt, or sense of indifference, etc.) play a decisive role on on the decision of entrepreneurs to start a business. Our research sheds some interesting light on the knowledge of the revitalization of an urban neighbourhood. First, for fostering entrepreneurship in a degraded area, it is imperative to change the symbolic representation of the neighbourhood by cultural, economic, social and environmental activities for implementing a positive perception. In case of Saint-Roch district, the choice of the municipal administration has focused on cultural activities; it took five years - 1990 to 1995 – for the City, for the artists and for the cultural actors to transform the image of the neighbourhood until the entrepreneurs decided to invest. Then, once the district became socially acceptable, the knowledge industry institutions, businesses, digital arts companies and private services came to settle there; demonstrating that the perception of the place is a main factor leading to the decision of an entrepreneur. Accordingly, the symbols arising from the interaction of actors and from the implemented programs for revitalizing the neighbourhood are a mobilizing factor leading to urban governance.

Type de document: Thèse
Directeur de mémoire/thèse: Saint-Pierre, Diane
Mots-clés libres: Culture et action culturelle; entrepreneuriat; revitalisation; modernité; gouvernance; aspects intangibles; développement urbain; quartier; Saint-Roch; ville; Québec ===== Culture and cultural action; entrepreneurship; revitalisation; intangibles aspects; urban development; Saint Roch neighbourhood; Québec city.
Centre: Centre Urbanisation Culture Société
Date de dépôt: 05 juin 2015 17:35
Dernière modification: 17 juill. 2015 15:38
URI: http://espace.inrs.ca/id/eprint/2684

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